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Presque tout le monde dans la société tahitienne était tatoué; en particulier les femmes. C’était pour elles une obligation, alors que pour les hommes, s’il est vrai que c’était recommandé, ce n’était pas obligatoire. Le premier
tatouage que devait porter les jeunes filles dès leur jeune âge était consitué de motifs à l’intérieur du bras et indiquaient qu’elles étaient libérées des tabous concernant la nourriture. Jusque-là elle ne pouvaient accepter de
nourriture que celle préparée par leur mère, et personne d’autre. Il n’existe aucune illustration de ces motifs, seulement quelques descriptions. Les jeunes filles étaient à nouveau tatouées lorsqu’elle atteignaient la puberté. Ces
tatouages sont souvent décrits comme de larges bandes sur les fesses. Au fil des ans, des motifs plus petits, en forme d’arcs étaient ajoutés au-dessus. Les récits de explorateurs montrent que les jeunes femmes avaient coutume de
relever leur jupe de tapa pour montrer par leurs tatouages qu’elles étaient en âge d’avoir des relations sexuelles. Elles faisaient cela bien souvent à l’attention des Europeens qui en étaient pour le moins surpris, si ce n’est choqués, particulièrement les missionnaires!
"Les jeunes femmes sont plus tatouées que les hommes. Elle se font tatouer d’un côté, puis environ un an après, elles terminent le tatouage de l’autre côté. Pendant ce temps, elles sont considérées commes enfants. Elles
ne sont considérées comme femmes que lorsque le tatouage est terminé." (Morrison 1935:221. Traduit de l’anglais).
C’est aux illustrateurs des voyages du Capitaine Cook que l’on doit les premières reproductions des motifs de
tatouages tahitiens. Sur un croquis de Parkinson, on peut voir les motifs typiques des tatouages féminins décrits par de nombreux explorateurs (voir illustration a droite).
On trouve dans le journal de l’un des hommes du Capitaine Cook la description suivante: "Ce matin, j’ai assisté au tatouage des fesses d’une fille d’environ 12 ans, qui s’est avéré, comme je le pressentais
, très douloureux. C’est effectué avec un instrument d’environ 2 pouces de long comprenant environ 30 dents. Chaque coup de cet instrument provoque une incision sanglante et des
centaines de coups sont appliqués à la minute. La patiente a supporté cela pendant environ un quart d’heure avec une résolution stoïque; mais la douleur est devenue ensuite trop forte pour
être endurée paisiblement. Elle a commencé a se plaindre et bientôt a éclaté en fortes lamentations; semblant même s’evanouir, et faisant tout pour persuader le tatoueur d’arrêter;
elle était pendant tout ce temps maintenue alongée par deux femmes qui tantôt la réprimandait, tantôt la battait, et tantôt la consolaient. Je m’affairais dans la maison adjacente avec Tomio;
cela a duré environ une heure, et la séance de tatouage n’était toujours pas terminée lorsque je suis sorti. Il s’agissait du tatouage d’une seule fesse, l’autre ayant été faite quelques temps
auparavant. Les motifs en arc sur les reins, auxquels ils accordent une grande valeur, n’étaient pas encore faits. Il parait que leur tatouage est encore plus douloureux que ce que j’ai vu." (Beaglehole 1962: I, 309. Traduit de l’anglais)
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